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« Les étrangers sont une richesse »

Vendredi 04/02/2011 | Posté par Pauline Lambolez (EJCM)

Yassine est un étudiant marocain en informatique. Le jeune homme est souvent occupé mais il prend le temps de se raconter. Car il a des choses à dire, et il a envie de les dire.

Yassine a 23 ans, il est marocain. C’est à Rabat qu’il a grandit, dans une famille de trois garçons. Il est le plus jeune, « le chouchouté », sourit-il. Un jour il regarde L’Auberge Espagnole de Cédric Klapisch. Un pays étranger, des rencontres, des cultures qui se mélangent, le film éveille sa curiosité. Il obtient son baccalauréat, mais ses deux frères ont quitté la maison alors il reste auprès de ses parents au Maroc et passe son BTS. Puis en 2007, il traverse la Méditerranée et rejoint la France. « Je ne manquais de rien, j’étais bien où j’étais, mais j’avais cette envie de découvrir d’autres choses », raconte-t-il.

Une année à Amiens, puis une année à Orléans. Deux villes, deux expériences contrastées. Dans la première, l’accueil n’est pas chaleureux. Il est même froid. Difficile pour ce garçon venu avec des rêves d’Auberge Espagnole en tête. Il a envie d’apprendre, pose des questions, mais un étranger n’est pas le bienvenu dans cette petite ville. On s’étonne même de le voir parler si bien français. Il s’accroche, va au bout de ses objectifs et obtient son DUT. Puis il étudie à Orléans. « C’est une petite ville étudiante, jolie, propre. C’est paisible », décrit-il. Il sera un peu déçu par le contenu de sa formation, mais l’expérience humaine est plus riche, plus chaleureuse. Peut-être simplement plus humaine.

C’est en septembre 2009 qu’il débarque à Marseille. « C’était un peu l’aventure », dit-il. Yassine vient étudier pour son master en informatique. Quand on lui demande quelles ont été ses premières impressions, il est partagé. En arrivant ici, il se sent beaucoup moins dépaysé. « D’un côté ça me plaisait, je ne me sentais pas loin de chez moi. Mais en même temps j’étais frustré de ne pas être trop dépaysé. »

« Les étrangers sont une richesse »

Les mois passent, il suit ses cours, n’en est pas toujours satisfait, mais a différentes occupations à côté. Il parle calmement, raconte beaucoup de choses, mais au fond de lui ça bout. Dans quelques mois, il terminera les cours pour partir en stage. Mais le stage est difficile à trouver. Il est maghrébin, il y a tous les préjugés. Des choses jamais dites ouvertement, mais souvent pensées. Comme d’autres il a les compétences, l’expérience et les diplômes. « Mais je m’appelle Yassine », commente-t-il. « Et puis un stage de master, c’est souvent une pré-embauche. Mais pour faire passer un étranger du statut de stagiaire à celui de salarié, l’entreprise a une lourde taxe à payer… », explique-t-il.

« Si on vient ici, c’est pour une raison. On a un objectif, on est motivé. Les étrangers sont une richesse, ils apportent de nouvelles choses », poursuit-il. Ce qui le dérange, « c’est le blocage des gens », « il faut arrêter de porter des jugements. » Pour lui, c’est un cercle vicieux. Il raconte qu’à Amiens, à force d’être mis à l’écart il commençait à avoir la même attitude, à être borné comme les autres. « J’arrive à avancer, mais certains tombent dans le piège. C’est un cercle vicieux. Les gens ici ne fournissent pas la bonne image des arabes musulmans. Et ils ne profitent pas de ce qu’il y a de bien. Pour moi, c’était une chance d’obtenir le visa et de pouvoir venir là. »
« J’essaye de me mêler le plus aux français », ajoute-t-il. Ici, il apprécie l’organisation, la professionnalisation. « Au Maroc on a beaucoup de richesses mais on n’est pas organisé. » raconte-t-il.

Il pense beaucoup à son avenir professionnel. Ça occupe son temps, son esprit. Ça l’inquiète aussi. Il s’interroge. Mais il est déterminé et motivé. Yassine aurait encore beaucoup de choses à raconter mais l’air est un peu frais, même si on est à Marseille.


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