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Mickaël à jamais dans les cœurs

Lundi 29/06/2009 | Posté par Nazary Mroivili, Mohamed Aly, Ahmed Waly, Chamir Ahamada, Mohamed Bentir, Elamine Chakira (avec B.G.)

Six jeunes de Noailles ont recueilli les réactions à la mort de Mickaël Jackson dans le centre ville de Marseille. Sa disparition touche tout le monde. Le point de vue est unanime : «il était unique.»

De la brousse africaine à la banquise sibérienne, de New York à Marseille, tout le monde ne parle que de ça : la mort du roi de la pop, Mickaël Jackson. Les circonstances de son décès, l’impact de sa musique, de sa danse, de son look… Il est de toutes les conversations. Même s’ils n’ont pas l’âge d’avoir danser sur Beat it, Ahmed, Nazary, Chamir, Mohamed, Elamine et Mohamed, six jeunes de Noailles, sont allés recueillir des témoignages émus de l’empreinte de Mickaël dans la vie de Marseillais du centre ville.

Première étape. Nous partons à Virgin Mégastore, l’un des deux gros magasins de disques du centre. Dès l’entrée, sur tous les écrans, Mickaël, Mickaël Mickaël. La sono balance tour à tour Thriller, Bad… Ses plus grands succès tournent en boucle. Directement, nous allons voir un disquaire à son poste de travail. Karim nous prévient qu’il est pressé : « On est samedi, y a beaucoup de monde. » L’évènement a un effet sur la fréquentation… Et sur les ventes. «On a dû vendre entre 200 et 300 cds. Je sais pas trop. En tout cas, tout est parti. Les gens prennent n’importe quel album, ancien ou récent, en guise de souvenir. On a fait de nouvelles commandes mais, visiblement, même la maison de disque n’arrive pas à suivre. Ils n’ont plus de stocks. »

Comme les autres, Karim a été touché par cette triste fin. « Pour moi, c’est toute une époque. L’adolescence, les fêtes avec les potes… La jeunesse quoi ! » A propos de ses problèmes d’identité, Karim préfère ne pas juger : « Sur scène, il était magique. Mais, en dehors de la musique, l’argent rend fou. C’est sans doute à cause de ça qu’il est parti si tôt : le stress, les soucis, l’argent. Sans doute a-t-il voulu en faire trop, c’est ça qui l’a tué.»

Deuxième étape. Place Halle Delacroix, en plein cœur de Noailles. L’association d’éducateurs de rue, Addap 13, y a installé « une animation de place ». Boxe, escalade, maquillage et danse. C’est là que travaille Mahmed, éducateur sportif, danseur et musicien. A tout juste 30 ans, il peut dire que Mickaël Jackson l’a vraiment marqué. «J’ai acheté son premier album solo Off the wall, sorti en 79 quand j’avais quinze ans. A l’époque, je m’habillais comme lui. Je l’imitais avec mes moyens qui n’étaient pas très grands. Je me faisais des frisettes parce que le défrisant n’existait pas encore. Les gens se moquaient de moi, mais, je tenais bon.»

C’est surtout dans la danse que Mahmed a subi ses influences. « On peut dire que je me suis mis à danser grâce à lui. Comme tout le monde, je retiendrai le moonwalk mais il a su surtout créé son propre style en mélangeant plein d’influences. Notamment le funk de James Brown et les techniques hip hop comme le popping -où les gestes explosent comme du pop corn- et le locking. » Mahmed en profite pour faire une petite démonstration. En effet, gestes explosifs pour le popping, et plus contrôlés pour le locking. «Pour moi, c’est un peu comme une page qui se tourne, conclut Mahmed. Un peu de moi disparaît. Je pense que je vais lui rendre hommage, sans doute en musique. C’était mon modèle. Un grand bosseur.»

"Pas les cosmétiques."
Dernier aspect du personnage : son look. Chirurgie esthétique, blanchiment de la peau, de l’afro des débuts aux mèches de la fin, Bambi est aussi célèbre pour ses transformations. Pour évoquer cet aspect controversé de sa personnalité, nous sommes allés voir les boutiques de coiffure et cosmétiques afro. Premier magasin près de la rue d’Aubagne : la boutique est pleine de femmes qui se font tresser. Mais, Elisabeth, une coiffeuse, est d’accord pour nous répondre. Et d’emblée, les produits de décoloration de la peau sont au cœur du sujet. « Ce qui est sûr, c’est que Mickaël n’est pas mort à cause des produits cosmétiques. Lui, pour s’éclaircir la peau, il se faisait des piqûres, croit-elle savoir. Moi, franchement, je le préférais quand il était noir et qu’il avait un gros nez. De toute façon, personne n’était là quand il se mettait ses produits. Il est le seul à connaître la cause de sa mort. » Elle aussi est triste tant il faisait partie de sa vie. « J’ai 34 ans, et je l’écoutais depuis mes 7 ans, Alors… »

Chez Djenny Love, à quelques mètres, on discute cheveux. Djenny, 24 ans, la patronne, coiffeuse, danseuse et chanteuse pense qu’il avait une perruque. « Non, c’était un lissage », répliquent ses collègues. «Ce ne sont pas les crèmes cosmétiques qui l’ont rendu blanc», reprend Djenny. « Il n’avait plus de derme», dit une autre. Les points de vue ne sont pas très scientifiques. D’ailleurs Djenny conclut : «Je ne crois pas à sa mort. C’est un camouflage de la Cia pour qu’on le laisse tranquille.» Djenny Love ne fait pas son deuil.

Mickaël Jackson est mort mais, à Marseille, c’est toujours une légende.

 
Reportage : Nazary Mroivili, Mohamed Aly, Ahmed Waly, Chamir Ahamada, Mohamed Bentir, Elamine Chakira.
Dessin: Ben8.

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